• La moitié des Belges sont prêts à aller acheter des vins et spiritueux moins chers chez nos voisins
  • En cas de baisse significative des accises, 63 % des acheteurs frontaliers déclarent qu’ils cesseraient d’acheter de l’alcool à l’étranger.
  • 71 % des Belges ne considèrent pas les accises comme un outil utile dans la lutte contre l’abus d’alcool

Pas moins de 33 % des Belges traversent la frontière pour acheter des boissons alcoolisées à moindre prix. C’est ce que révèle l’étude menée par iVOX et Vinum Et Spiritus, la fédération belge du secteur des vins et spiritueux. Ce sondage effectué auprès de mille de nos compatriotes montre également que l’augmentation des accises en tant qu’instrument de prévention jouit d’un soutien très faible dans la population. Un récent rapport de l’OMS a d’ailleurs montré que les Belges consommaient plus d’alcool qu’auparavant. L’accroissement des accises comme moyen de prévention contre l’abus d’alcool est donc loin d’avoir produit l’effet escompté.

En 2015, le gouvernement belge a augmenté les accises sur les vins et spiritueux de 30 et 41 % respectivement. Concrètement, cela signifie que les accises, la TVA et les autres prélèvements représentent un quart du prix de vente d’une bouteille de vin, et jusqu’à trois quarts d’une bouteille de spiritueux. La différence de prix par rapport aux pays voisins est devenue si importante qu’un Belge sur trois achète régulièrement des boissons alcoolisées de l’autre côté de la frontière. En outre, un tiers d’entre eux déclarent explicitement le faire à cause de l’augmentation des accises. D’ailleurs, un quart des Belges qui n’achètent pas encore de l’alcool à l’étranger assurent qu’ils le feraient si le gouvernement décidait d’alourdir une fois de plus les accises ou d’autres taxes. Dans cette éventualité, la moitié des Belges achèteraient de l’alcool à l’étranger. En cas de baisse significative des accises, 63 % des acheteurs frontaliers déclarent qu’ils cesseraient d’acheter de l’alcool à l’étranger.

Confirmation de la baisse des ventes

Selon le SPF Finances, l’augmentation des accises s’est traduite par une baisse des ventes de vins et spiritueux en Belgique, de 7,8 % et 22 % respectivement sur la période 2014-2018. Cette tendance est confirmée par une analyse récente du bureau d’études GfK : en 2018, les ménages belges ont acheté près de 50 % de vin en plus et jusqu’à trois fois plus de spiritueux chez nos voisins qu’en 2014.

La France (47 %) et le Luxembourg (51 %) sont les destinations les plus populaires, et les Belges vivant près de la frontière ne sont pas les seuls à acheter leurs vins et spiritueux à l’étranger. Bien que les provinces du Luxembourg (75 %) et du Hainaut (54 %) soient en tête, un quart des habitants d’Anvers, de Bruxelles et du Brabant flamand achètent régulièrement de l’alcool à l’étranger.

Pas de soutien

Lorsqu’on leur demande si les taxes sont un outil utile dans la lutte contre l’abus d’alcool, 71 % des sondés répondent par la négative. Cependant, ils sont favorables à une politique de santé plus efficace qui donne des informations claires et de qualité sur les risques liés à l’alcool. Par exemple, pas moins de 88 % des Belges approuvent la présence d’éthylotests dans les voitures et 43 % pensent que cela devrait être une obligation légale. 63 % installeraient volontairement un éthylotest dans leur voiture s’il y avait des avantages fiscaux à la clé. 60 % des Belges pensent en outre que c’est une bonne idée de relever à 18 ans l’âge minimum pour tous les types d’alcool afin d’éviter les malentendus. Les Belges sont également ouverts à des règles plus strictes en matière d’alcool au volant : 63 % approuvent une tolérance zéro pour l’alcool au volant et 72 % pensent que c’est une bonne idée d’interdire la vente d’alcool dans les stations-service.

Geert Van Lerberghe, directeur général de Vinum Et Spiritus, déclare : « Cette étude d’iVOX, combinée aux données récentes de GfK, prouve ce que nous disons depuis trois ans : l’augmentation des accises sur les vins et spiritueux a raté son objectif sur tous les plans. Même si l’on achète moins d’alcool en Belgique, on n’en boit pas moins. Au contraire, selon le dernier rapport de l’OMS, notre consommation d’alcool a augmenté, passant de 11,4 à 12,1 litres d’alcool pur par an ! La raison en est simple : les Belges achètent simplement des boissons alcoolisées ailleurs et enrichissent ainsi les caisses des États voisins. En conséquence, c’est le budget belge, notre économie et nos emplois qui trinquent. Notre appel au prochain gouvernement est double : il faut appliquer une politique de santé qui s’attaque réellement à l’abus d’alcool et revenir sur l’augmentation contre-productive des accises sur les vins et spiritueux, afin que les Belges fassent de nouveau leurs achats dans leur propre pays. »